Trente tentatives sur le même boss, deux pièces d’armure aux stats presque identiques, et une question qui te brûle les doigts : est-ce que ton dernier enchantement rapporte vraiment plus qu’un simple up de critique ? Les formules Excel sont la couche d’optimisation que les jeux n’affichent jamais, mais qu’un joueur qui veut arrêter de farmer en aveugle finit toujours par ouvrir. En posant quelques calculs dans une feuille, tu compares ce que les tooltips refusent de te dire, et tu repars en NG+ avec une certitude plutôt qu’un doute.

SOMME et MOYENNE : les deux que tu poses avant de reroll

Le premier réflexe quand un jeu te balance quatre types de dégâts élémentaires, c’est d’additionner. La formule SOMME, c’est celle qui t’évite de faire une addition mentale sur douze lignes d’équipement pendant que ta potion expire. Tu sélectionnes la plage de cellules qui contient chaque bonus de feu, de glace ou de foudre, et Excel te sort le total en une fraction de seconde. Ce total, c’est la base de ta comparaison entre ton ancien build et le nouveau que tu convoites.

MOYENNE, elle, entre en jeu quand ton attaque dépend d’un jet de dé ou d’une plage de valeurs. Sur un weapon spread large, la moyenne te donne le pire et le meilleur que tu peux espérer sur une centaine de hits. Tu évalues ton DPS théorique sans passer par une heure de mannequins d’entraînement. Une fois la moyenne calculée, tu la recoupes avec ta vitesse d’attaque pour savoir si une arme lente avec de gros chiffres bat une dague rapide au flat.

Le piège classique, c’est d’additionner des bonus qui ne se cumulent pas additivement. Dans de nombreux systèmes, les pourcentages de dégâts additionnels se calculent sur la base de l’arme, pas sur le total précédent. Avant de tirer une rafale de SOMME, un test simple sur un ennemi neutre s’impose : note le chiffre affiché à l’écran et vérifie si ta formule le retrouve. Sinon, ton build papier est un build fantôme.

Comparer deux setups avec SI et SI.CONDITIONS

Two computer monitors side by side on a dark wooden desk, one showing green spreadsheet columns, the other showing blue

Tu as un set qui fait des dégâts de brûlure et un autre qui réduit la défense. Plutôt que d’hésiter à chaque rencontre, tu poses une formule SI qui change automatiquement la recommandation. =SI(B2>C2; "Set A"; "Set B"), où B2 compare ton DPS brûlure et C2 le DPS avec debuff. La fonction SI te donne une décision binaire, lisible d’un coup d’œil.

SI.CONDITIONS va plus loin quand tu gères plusieurs seuils. Imaginons un jeu où ton critique augmente de 10 % dès que la vie de l’ennemi passe sous 50 %, et encore de 15 % sous 20 %. Tu entres le pourcentage de vie restant, la formule te recrache directement les dégâts moyens ajustés au seuil. C’est la même logique qu’un graphique de DPS par phase, sauf que tu peux la coller en dessous de ton tableau d’équipement et la recalculer d’un alt-tab.

Une fonction SI mal refermée renvoie #VALEUR ! ou une valeur que tu n’attendais pas. Pose tes conditions en colonnes séparées avant de les combiner, plutôt que de bâtir une usine à gaz directement dans la barre de formule. La lisibilité d’un build papier, c’est ce qui te sauve quand tu le rouvres une semaine plus tard, juste avant un boss check.

RECHERCHEV, INDEX, EQUIV : quand ton loot devient une base de données

Un joueur de loot-based game accumule des dizaines de pièces. Au lieu de comparer à la main deux casques aux noms quasi identiques, tu utilises RECHERCHEV ou le duo INDEX/EQUIV pour extraire les stats exactes d’une pièce choisie dans une table. Tu crées une feuille dédiée à ton inventaire : première colonne, le nom de chaque item ; colonnes suivantes, les stats (crit %, dégâts flat, vitesse d’attaque, sockets). Dans une autre cellule, tu entres le nom de l’item qui t’intéresse, et la formule te renvoie la stat désirée.

RECHERCHEV reste le plus rapide à poser, mais il cherche uniquement dans la première colonne de ta plage, et seulement de gauche à droite. Si ton tableau classe les pièces par type d’abord, RECHERCHEV peut te renvoyer une valeur d’une autre ligne sans prévenir. INDEX/EQUIV dissocie la recherche de la référence : INDEX définit où se trouve la donnée, EQUIV trouve son emplacement exact. C’est la formule sur laquelle tu bascules quand une insertion de colonne menace de tout casser.

Pour l’entretien, nomme tes plages de cellules (par exemple « Loot_Helmet ») au lieu de trainer des A1:A200 que tu ne reliras jamais. Une formule qui parle le même langage que ton build, c’est un gain de temps quand tu la reprends après trois patchs. Et si le jeu te sort un nouvel attribut en mise à jour, ajouter une colonne dans ta table ne pète pas INDEX/EQUIV, il s’adapte automatiquement grâce à la référence structurée.

Les références absolues, ou comment copier une formule sans te tirer une balle

A white paper spreadsheet with small black numbers, a pencil tip tracing a highlighted cell with a dollar sign symbol, w

Tu as construit une formule parfaite pour calculer les dégâts critiques d’une arme. Tu la copies vers le bas pour l’appliquer à tes cinq autres armes. D’un coup, tout renvoie n’importe quoi. C’est le piège des références relatives : quand tu copies, Excel décale ses coordonnées d’une ligne, et ta référence à la cellule qui contient la défense du boss part en vrille.

Le dollar dans la référence de cellule t’appartient. $A$1 bloque tout ; $A1 bloque la colonne ; A$1 bloque la ligne. En calant une référence absolue sur ta cellule de défense ennemie, tu fixes la seule valeur qui ne doit jamais décaler, pendant que les dégâts de chaque arme défilent ligne par ligne.

Autre cas concret : tu veux appliquer un modificateur global (un buff de guilde, une résistance élémentaire) à toute une colonne de dégâts. Place le modificateur dans une cellule dédiée, verrouille-la en absolu, et référence-la dans ta formule principale. Si tu changes ce buff en cours de run, toutes les valeurs se mettent à jour instantanément. C’est comme un enchantement qui se répercute sur tout ton stuff sans devoir reforger.

#N/A, #VALEUR !, #NOM ? et les autres

Un écran d’erreur, c’est le boss check d’Excel. #N/A apparaît quand ta fonction de recherche ne trouve rien, par exemple si le nom de l’item que tu as entré n’existe pas dans ta feuille. #VALEUR ! surgit quand tu demandes à Excel d’additionner du texte ou qu’une date est mal interprétée. #NOM ? débarque si tu as mal orthographié un nom de fonction, taper « SOMM » au lieu de « SOMME » en pleine nuit, ça arrive.

Ces erreurs ne signifient pas que ta logique est fausse. Elles indiquent un désalignement entre ce que tu as entré et ce que la feuille attend. Isole la partie fautive : découpe ta formule géante en blocs plus petits, valide chaque bloc séparément dans une cellule témoin. Tu localises l’erreur en cinq minutes, et tu corriges. Moins de temps que de comprendre pourquoi un skill ne proc pas dans le jeu.

Pour les joueurs qui exportent leurs données depuis des add-ons ou des logs de combat, un autre piège vient des chaînes de texte qui se glissent dans les nombres. Un espace invisible après une valeur copiée depuis un parseur fausse une SOMME. La fonction CNUM ou un simple « Rechercher-Remplacer » vide nettoie ça. Un build optimisé, c’est aussi une feuille propre.

Les opérateurs de calculs sous le pouce

A black calculator keypad close-up, a thumb pressing a round multiplication key beside plus, minus and divide keys, scat

Avant même de parler fonction, Excel accepte des opérateurs directs : +, -, *, /, ^ (puissance). Pour un calcul simple, tu tapes =B2*C2 et tu valides. Le signe égal en début de cellule transforme n’importe quelle cellule en mini-calculatrice. Tout le débutant-game d’Excel tient là-dedans.

Les parenthèses dictent l’ordre des opérations. =A1+B1*C1 n’a pas le même résultat que =(A1+B1)*C1. Dans un build où les dégâts finaux combinent un bonus additif et un multiplicateur de critique, l’ordre des parenthèses décide si ton sheet reflète vraiment le moteur du jeu ou une version fantasmée. Quand un build papier sort un chiffre qui semble trop beau, retourne vérifier la priorité des opérations : c’est la première chose qui déconne.

Si tu débutes, sélectionne la cellule où tu veux afficher le résultat, commence par =, puis sélectionne à la souris les cellules que tu veux additionner. Ça réduit les erreurs de frappe. Tu apprends la syntaxe des références en les générant toi-même, plutôt qu’en les tapant au clavier.

Après le générique de ta première optimisation Excel, une fois que SOMME et MOYENNE tournent, tu peux intégrer MIN et MAX pour borner les extrêmes, ou pour vérifier qu’une valeur aléatoire ne dépasse jamais un cap. Ces fonctions-là t’aident à répondre à la question que personne ne pose en avance : est-ce que ce build a un plafond de dégâts ou un plancher garanti ?

Lancer un tableur, ce n’est pas quitter le jeu. C’est reconnaître que le menu de stats du développeur ne te donne pas assez d’infos pour arbitrer. Ta prochaine run, tu pourras la préparer avec des chiffres qui tiennent la route plutôt qu’avec une intuition de 3h du matin. Et si un jour un MMO coréen t’oblige à optimiser tes chances de drop sur un set légendaire, tu auras déjà posé la première cellule.

Quiz personnalisé

Votre recommandation sur derrière chaque build optimal, il y a une formule excel qu…

Quelques questions rapides pour adapter la recommandation à votre cas.

Q1Votre situation sur derrière chaque build optimal, il y a une formule excel qu… ?
Q2Votre priorité ?
Q3Votre horizon ?