La première scène te fout direct dans l’ambiance : une filature sous la pluie, une remarque caustique de Sherlock, et puis un QTE mal réglé qui te rappelle que la partie ciné du jeu est parfois gauche. Bref, t’es prévenu — The Devil’s Daughter, c’est un mélange d’enquête sérieuse et de cinéma un peu boursouflé.
J’ai passé 18 heures dessus (oui, je compte), sur PC et PS4. Je te balance déjà l’avis tranché : c’est un bon jeu pour qui kiffe Sherlock et les puzzles d’observation, mais attends-toi à des trous, des coupes franches, et des mécaniques branlantes qui cassent le rythme. (Et oui, Frogwares, je t’aime mais faut patcher.)
Le mode histoire te prend 10–15 heures (si tu zappes les quêtes secondaires)
Je commence par le truc que tu veux savoir en premier : combien de temps tu vas y passer. Compte environ 10–15 heures pour boucler la trame principale si tu te focalises sur les enquêtes. Si tu fouilles, lis tous les dossiers et résous les énigmes optionnelles, monte à 20+ heures.
J’ai enchaîné trois affaires principales avant d’arriver au fil rouge familial (ouais, y’a un côté soap avec Mycroft et compagnie). La narration balance entre scènes assez bien écrites et cut-scenes qui tombent comme des paquets mal triés. Parfois tu te surprends à vouloir retourner au gameplay parce que la scène filme trop long. (Moi j’ai tenté de fast-forward — ce n’est pas toujours possible.)
💡 Conseil : Régle la difficulté des QTE à bas si t’es pas fan des Quick-Time — ça évite 30 % des rage quits inutiles.
Les moments d’enquête sont souvent solides. Fouiller une scène, combiner des indices, reconstituer une chronologie : c’est ça que j’ai aimé. L’UI d’investigation te donne des options concrètes (observer, déduire, questionner) et ça a du sens. Par contre, prévois des pauses entre deux affaires : la répétition des types d’énigmes finit par lasser.
Frogwares a sorti le jeu en 2016 — les choix narratifs font débat (2016, rappel)
Sorti en 2016, The Devil’s Daughter assume un parti-pris très narratif. Les choix que tu fais ont parfois l’air de compter (une ou deux scènes changent), mais l’impact réel sur la fin est limité — c’est plus du détail que du game-changing.
Ma lecture : Frogwares voulait un Sherlock à la fois personnage et showrunner. Résultat, tu as des scènes très cinéma, avec une mise en scène ambitieuse, et des moments où le jeu ressemble presque à un film interactif. Ça marche quand la scène est bien écrite. Ça fait pschitt quand la mise en scène cache une absence de gameplay solide.
J’ai apprécié que le jeu évoque des thèmes adultes (manipulation, relations familiales), et il y a des dialogues qui claquent. (Oui, il y a aussi des lines très téléphonées — balance entre bon et mauvais, donc.) Si t’es venu pour le Sherlock pur jus — observation, logique, et petites victoires d’intuition — tu trouveras ton compte. Si tu pensais tomber sur un open-world, passe ton chemin.
La détection d’indices casse 3 fois le rythme mais sauve des moments clefs (3 mécaniques à connaître)
Trois mécaniques principales structurent l’enquête : l’examen de scène, l’interrogatoire (avec choix de reprochés) et la reconstitution d’événements. Chacune a du charme, chacune a ses ratés.
Premièrement, l’examen est tactile et visuel. Tu peux zoomer, lier deux objets, et stocker des preuves. C’est satisfaisant quand tu trouves l’objet-clé. Deuxièmement, les interrogatoires demandent de choisir une ligne d’accusation ; si tu choisis mal, tu rates une scène, parfois une info. Troisièmement, la reconstitution (montage mental où tu poses des hypothèses) est la meilleure idée du jeu : tu relies des indices, tu valides une théorie, et tu te sens un peu God-mode.
Mais le problème, c’est la mise en œuvre. Trop de scènes te demandent de refaire la même chose trois fois, ou te balancent des indices qui ne servent à rien. Du coup l’effet “eureka” se dilue. J’ai noté des répétitions sur 6 enquêtes, à tel point que j’ai commencé à reconnaître le pattern — et quand tu reconnais le pattern, tu t’ennuies.
⚠️ Attention : Plusieurs scènes requièrent que tu chaines actions précises — un mauvais ordre et tu dois recommencer la séquence. Sauve souvent manuellement avant les gros segments.
Autre truc : les QTE mal calibrés. Tu veux de l’ambiance, pas de la frustration. Quand l’action se déclenche et que la caméra t’envoie n’importe quoi, le charme retombe.
Tech et perf : 60 fps en extérieur? Oublie — mais c’est jouable sur des configs moyennes (60 fps, c’est aspirational)
Sur PC, le jeu reste jouable même sur des configs de 2014–2016. J’ai testé sur un i5 de 6ème gen avec une GTX 1060 : 45–60 fps en 1080p selon la scène. Les intérieurs tiennent mieux que les extérieurs où les effets de pluie et particules plombent le framerate.
Sur consoles old-gen (PS4/Xbox One), attendez des chutes assez fréquentes dans les zones pleines de PNJ ou d’effets. Sur PS4 Pro/PS5 en rétro, ça tourne plus propre. Les textures peuvent être molles et le LOD pop parfois. Rien de catastrophique, mais pas la claque visuelle non plus.
📌 À retenir : Si tu veux 60 fps stables à 1080p, vise une carte équivalente ou meilleure qu’une GTX 1070. Sinon, privilégie la stabilité à la résolution.
Le jeu supporte les manettes sans soucis. Les contrôles sont corrects mais pas hyper fins. J’ai senti que le focus était posé sur la mise en scène plutôt que sur la précision du mouvement.
Pourquoi t’achéter ou pas : chiffre, nostalgie, et alternatives (39,99 € vs promo)
Le prix de lancement tournait autour de 39,99 € pour l’édition standard. Aujourd’hui, tu peux le choper souvent à 10–15 € en promo. Si t’es fan de Holmes, c’est un achat facile à ce tarif. Si tu veux un jeu d’enquête plus moderne et poli, attends une promo ou regarde vers d’autres titres.
Moi, j’ai aimé le feeling détective. J’ai moins aimé les longueurs et les mécaniques répétitives. En dehors de l’histoire, la rejouabilité est limitée : les fins varient peu et le meta-game n’existe pas vraiment. Donc si tu veux du grind ou du endgame, passe ton chemin.
Et si t’es curieux de ce que donne une approche plus “créateur” côté game design, mate mon article sur le code créateur — ça t’explique comment structurer des mécaniques narratives sans ennuyer le joueur. (Oui, j’en parle parce que le jeu frôle le bon design et se loupe sur l’exécution.)
Verdict (sans fioritures)
Tu veux jouer un Sherlock avec des vraies phases d’observation, de la reconstitution d’indices qui te fait mouiller le slip, et une narration parfois brillante ? Achète à -50 %.
Tu veux un jeu fluide, sans QTE mal foutus, avec des vraies conséquences lourdes ? Attends une promo et prépare-toi à zapper des cut-scenes.
Perso, j’ai aimé pour l’enquête et la vibe Sherlock. J’ai râlé sur l’exécution et les moments qui alourdissent le rythme. Est-ce que je le recommande ? Oui, si tu aimes fouiller et que tu as un faible pour les ambiances victoriennes. Non, si t’attends une expérience AAA sans défaut.
💡 Conseil : Si t’as 15 € à claquer, fonce. Si c’est 40 €, attends un deal. Le ratio plaisir/prix change tout.
FAQ
Combien de fins différentes le jeu propose ?
Il y a 2 fins principales influencées par plusieurs choix clefs dans la dernière partie de l’histoire. Les variantes changent surtout le ton de l’épilogue plutôt que la structure globale.
Quelle est la durée moyenne pour boucler la campagne principale ?
Comptez entre 10 et 15 heures pour la trame principale si tu ne t’attardes pas sur les énigmes optionnelles. Si tu veux tout lire et résoudre chaque puzzle, monte à 20+ heures.
Le jeu est-il traduit en français ?
Les textes sont disponibles en français. Le doublage peut varier selon la version (certaines éditions conservent l’anglais pour les voix avec sous-titres FR). Vérifie la fiche de la boutique avant d’acheter si le doublage est important pour toi.