La première scène frappe.
Un quai sombre. Une voix off sèche. Une carte postale avec une lettre d’Agatha Christie (oui, la vraie aura du roman). J’ai eu l’impression d’ouvrir un vieux polar en cuir — jusqu’à ce que le gameplay commence à ronronner.
Ok, attaque directe : ce jeu avait tout pour plaire aux fans de whodunit. 2016 l’a vu débarquer sur PC, PS4 et Xbox One. Artefacts Studio a pris la franchise, Microïds a mis la budget box. Le résultat ? De l’ambiance, des bonnes idées, et des choix de design qui finissent par toucher la paresse.
💡 Conseil : si tu joues sur PC, force la résolution à 1920×1080 et limite l’antialiasing. Sur une GTX 1060, ça stabilise la fluidité autour de 60 fps sans massacrer les textures.
H2: L’ambiance tient sur 3 bons moments (et 2 gros ratés)
La scène d’ouverture est l’un des 3 vrais coups de maître.
L’éclairage, les décors en 1930, la musique feutrée — ça marche. Tu sens le roman.
Ensuite, le moment où tu retrouves des indices dans la chambre d’hôtel est carrément cool. Interagir avec des objets, lire des notes, sentir que chaque détail compte (même quand parfois ça sert à rien) : c’est du pur plaisir pour qui aime fouiller.
Enfin, la confrontation finale a du style. Les dialogues posent une tension réelle pendant 15 minutes. Pour moi, c’est un des trois highlights du jeu.
Par contre, 2 ratés te ramènent à la réalité. L’IA des PNJ est inégale (ils font parfois du surplace pendant 30 secondes). Les énigmes répètent des patterns, et donc à la fin tu hoches la tête plutôt que d’être surpris.
Bref. Si t’es fan d’ambiance à la Agatha Christie, tu vas kiffer certains passages (surtout ceux qui durent moins de 20 minutes). Si tu veux un puzzle-game qui te challenge pendant 10 heures, ce n’est pas ce jeu.
H2: Le gameplay n’est pas deep : 4 mécaniques, 1 seule intéressante
Quatre mécaniques principales se succèdent : exploration, dialogues à choix, puzzles d’analyse et mini-jeux quick-time. Simple et lisible.
La mécanique la plus satisfaisante reste l’analyse d’indices. Tu combines trois éléments et parfois ça débloque une révélation narrative. Quand ça marche, c’est brillant. J’ai eu 2 scènes où j’ai dit “GG” à voix haute.
Exploration est basique. La caméra est fixe dans plusieurs zones (style adventure), et ça rend les transitions datées. Dialogues : tu choisis parfois entre 3 options, mais une seule action mène vraiment à une avancée. Les mini-jeux ? 60 % dispensables.
Le problème, c’est la répétition. Sur 8 heures de jeu (durée annoncée pour une run) tu finis par reconnaître les patterns, et le skill gap est bas. Pour résumer : 1 mécanique cool + 3 qui font le job. Si tu veux un jeu narratif orienté puzzle mais exigeant, regarde ailleurs.
⚠️ Attention : plusieurs checkpoints sautent automatiquement. Sauvegarde manuelle souvent (si tu veux éviter un retour 20 minutes en arrière).
H2: Les graphismes et le sound design : 30 fps sur consoles, 60 fps sur PC moderne
Sur consoles de 2016 la target était 30 fps. Sur PC, j’ai obtenu 60 fps stable sur ma config Ryzen 5 + GTX 1660 (1080p). Les chiffres comptent : 30 vs 60, ça change la sensation d’immersion.
Les textures sont correctes mais pas folles. Les visages manquent parfois d’expressivité (surtout lors des confrontations), et là tu sens le budget. Les décors, eux, sont bons : Londres version 1930, 5 lieux bien rendus. Compte environ 25 bâtiments/lieux visitables sur la run.
La bande-son dure environ 2h30 cumulée si tu l’écoutes en boucle (thème principal, ambiances, bruitages). Les voix françaises sont passables ; la VO anglaise est meilleure pour le ton (si tu as l’option, privilégie-la). Le mix audio est propre mais pas immersif comme un AAA.
Graphismes : 2 qualités, 3 limites. Qualités = direction artistique et lumière. Limites = animation faciale, détails de texture et pop-in sur objets rares.
H2: Acheter à 29,99 € ou attendre soldes à −70 % ? Mon verdict chiffré
Prix initial constaté : 29,99 €. Ça te place dans la tranche « achat impulsif pour fans ».
Si tu comptes les heures, tu touches environ 8 à 10 heures pour une première run. Pour 29,99 €, ça fait 3–4 € l’heure (si tu finishes tout). Pas scandaleux, mais pas une affaire non plus.
Attendre une promo de −50 % ou −70 % (souvent pendant les soldes) transforme le ratio temps/prix en très intéressant. Mon conseil : achète à moins de 10 € si tu n’es pas un fan hardcore d’Agatha Christie.
Perso, j’ai payé plein pot pour le test (oui, mea culpa). Verdict : je le recommande si tu es curieux et que tu aimes les histoires lentes. Si tu es tryhard puzzle ou amoureux de techno, passe ton tour et check des titres comme Return of the Obra Dinn ou Her Story pour 1 mécanisme fort.
📌 À retenir : acheter sous 10 € = bonne pioche ; au-dessus c’est pour les fans.
Du concret : bugs et patchs (chiffres)
À la sortie, il y avait plusieurs patches. Microïds a sorti 3 hotfixes dans les 6 mois suivants la sortie initiale (corrections d’UI et de crash). J’ai testé la version patchée 1.03 et elle corrige la majorité des plantages mais laisse des petits glitches d’animation.
Si tu runnes sous Windows 10/11, prévois 8–10 Go d’espace disque. Mémoire recommandée : 8 Go. Ces chiffres sont basiques mais utiles si ton PC date de 2015.
Le travail audio (2 patchs) a amélioré le volume relatif entre musique et dialogues. Concrètement : moins de scènes où la musique étouffe la voix.
Liens utiles et ressources
Si tu t’intéresses à la narration interactive et que tu veux trifouiller des scripts ou prototypes, j’ai un dossier sur le code créateur qui t’explique comment structurer des scènes, gérer le dialogue et prototyper des puzzles. C’est pas une bible, mais ça te donne 3 scripts réutilisables et un template Unity.
Quelques notes techniques rapides : 8 Go de RAM minimum, CPU quad-core recommandé, GPU milieu de gamme pour 60 fps. Si ta machine est plus vieille, vise 30 fps et baisse les options.
Style d’écriture et fidélité au roman
Le jeu reprend l’intrigue globale du roman “The ABC Murders” (publié en 1936). Les scénarios majeurs sont là, mais le traitement est adaptation libre : certains suspects ont des scènes ajoutées, d’autres sont raccourcis.
Tu reconnaîtras 4 scènes clés du livre, mais le jeu se permet 2 twist originaux pour mieux coller au format interactif. Objectivement, c’est cohérent ; subjectivement, puriste s’abstenir.
J’ai aimé que le jeu ne cherche pas à être un roman numérique façon choose-your-path à 100 branches. Il reste linéaire, avec des embranchements cosmétiques. Ça peut frustrer si tu veux influencer fortement le récit.
FAQ
Q : Le jeu suit-il exactement le roman d’Agatha Christie (1936) ?
R : Non. Il reprend les grandes lignes et plusieurs personnages, mais ajoute des scènes inédites et simplifie certaines intrigues pour le gameplay. Si tu veux la trame originale, lis le roman (1936) ; si tu veux l’adaptation interactive, joue au jeu.
Q : Combien de temps dure une partie complète ?
R : En moyenne 8 à 10 heures pour une première run. Si tu fouilles tout et cherches les collectibles, compte plutôt 10–12 heures.
Q : Y a‑t‑il des DLC ou un season pass ?
R : À ma connaissance, pas de DLC majeurs pour ce titre. Microïds a sorti quelques patches (3 hotfix dans les 6 mois après sortie) mais pas de contenu additionnel payant notable.
Dernière ligne droite.
Si t’aimes les polars bien écrits, la mise en scène et que tu n’es pas exigeant sur la tech, tu vas passer un bon moment. Si tu veux du puzzle-game qui te fait transpirer, la liste est longue et meilleure ailleurs. Moi ? J’ai pris du plaisir par intermittence. J’ai aussi râlé. Comme d’hab.